Association des professeurs documentalistes de l’Education nationale
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Formations pour l’EMI : où sont les profs docs ?

D 9 mai 2016     H 15:00     A Bureau de l’APDEN Lyon     C 0 messages


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L’ADBEN Lyon, association des professeurs documentalistes de l’Académie de Lyon, a pris connaissance du courrier adressé aux chefs d’établissement le 27 avril par Corine Benucci, déléguée académique au numérique éducatif, au sujet des « formation et objectif sur l’éducation aux médias et à l’information (EMI) ». Si nous saluons l’apparition de l’EMI dans l’offre de formation pour les enseignants des collèges et lycées, ce courrier est surprenant à plus d’un titre et ne manque pas d’interpeller l’association professionnelle, qui souhaite réagir sur plusieurs points.

1. Quid des professeurs documentalistes ?

Jamais dans le courrier il n’est fait mention des professeurs documentalistes. Le choix de la DANE est ainsi celui d’un enseignement transversal inscrit dans toutes les disciplines, avec une lecture restreinte, donc.

Alors qu’un élan serait le bienvenu, en particulier dans un courrier adressé à des chefs d’établissement pour mettre en valeur les compétences professionnelles des professeurs documentalistes, il n’en est rien ici. Alors qu’un enseignement est officialisé dans les nouveaux programmes, l’information-documentation, qui a directement intégré l’éducation aux médias et à l’information à travers les champs principaux de cette EMI et à travers les compétences attendues, la DANE choisit de taire cet aspect pour la seule transversalité et la seule dispersion dans les disciplines. C’est oublier toutefois quelques cadres institutionnels qu’il conviendrait de respecter, ainsi le référentiel de compétences des métiers du professorat et de l’éducation, paru au bulletin officiel du 25 juillet 2013, qui fait des professeurs documentalistes les « enseignants et maîtres d’œuvre de l’acquisition par tous les élèves d’une culture de l’information et des médias », en « maîtris[ant] les connaissances et les compétences propres à l’éducation aux médias et à l’information ». C’est oublier aussi nombre de mentions dans les programmes parus au bulletin officiel du 26 novembre 2015, qui mettent au premier plan les professeurs documentalistes pour les questions concernant l’EMI, dans le cycle 3, avec une mention logique en continuité du référentiel de compétences, dans le cycle 4.

Quand bien même l’absence de mention des professeurs documentalistes dans ce courrier ne les exclut pas directement du programme de formation, cette absence n’est pas acceptable au regard de leur importante responsabilité, avec des textes majeurs à l’appui, pour cette EMI. C’est d’autant plus regrettable que l’éducation aux médias et à l’information doit faire l’objet d’apprentissages spécifiques, et que les professeurs documentalistes, selon le référentiel de compétences, « interviennent directement auprès des élèves dans les formations et les activités pédagogiques de leur propre initiative ou selon les besoins exprimés par les professeurs de discipline ».

2. Les formations au PAF

La DANE annonce dans ce courrier que les formations qu’elle propose avec le CLEMI viennent « en complément de celles proposées dans le Plan Académique de Formation qui offre des entrées variées et adaptées sur le sujet de l’EMI ».

Il n’existe pourtant aucune entrée dans le PAF 2015-2016 par le thème « éducation aux médias et à l’information ». Le thème Documentation ne comprend que quatre formations à candidature individuelle, dont une seule associée à des apprentissages ! Il existe une formation au sujet de l’éducation aux médias et à l’information pour une durée de 6 heures, pouvant concerner jusqu’à 60 professeurs documentalistes.

Dans le thème « numérique et TICE », une formation concerne le droit sur Internet, avec 3 heures pour 15 personnes, une autre le même sujet avec 9 heures pour 15 personnes. Une autre concerne la publicité, étrangement dans ce thème « numérique et TICE », avec 6 heures pour 15 personnes. Les réseaux sociaux concernent un groupe de 15 personnes sur 6 heures, et le développement d’un esprit critique, vaste sujet, un groupe de 15 personnes pour 6 heures. L’ensemble de ces dernières formations est insignifiante en ce qu’elle concerne tous les enseignants, dans cet esprit de transversalité, une seule intégrant les « professeurs documentalistes », les autres citant les « documentalistes », corps inexistant dans les établissements scolaires du second degré !

Alors que l’éducation aux médias et à l’information, dans l’évolution de l’information-documentation, suppose des formations continues spécifiques qui viennent apporter des contenus aux professeurs documentalistes qui ont une formation initiale solide mais qui demande néanmoins à être régulièrement actualisée dans le contexte mouvant de l’EMI, cela ne peut se résumer à une journée ou deux de formation au numérique. Le choix est fait dans le PAF d’une dispersion qui n’est pas satisfaisante pour l’avenir des élèves, avec des touches thématiques qui ne respectent pas la nécessité de formations continues pour amener la construction réfléchie de progressions pédagogiques qui prennent en considération l’ensemble des axes de l’EMI, à savoir :

  • une première connaissance critique de l’environnement informationnel et documentaire du XXIe siècle ;
  • une maîtrise progressive de sa démarche d’information, de documentation ;
  • un accès à un usage sûr, légal et éthique des possibilités de publication et de diffusion.

Résumons : deux formations très courtes sur l’EMI au sens large, deux formations sur le droit, une formation sur la publicité, une autre sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas ce que l’on peut appeler des formations variées et adaptées, et qui veut encore s’en convaincre sans mal ira consulter les offres disciplinaires au PAF, plus respectueuses qu’en documentation. Il est nécessaire que la DAFPA (Direction d’Appui à la Formation des Personnels de l’Académie) et nos IPR prennent leurs responsabilités à ce sujet. Ce d’autant plus que les réunions de bassin des professeurs documentalistes, qui permettent des temps de formation sur un public large, ne sont pas suffisamment encadrées pour permettre le développement de telles formations, et ne sont pas rémunérées pour favoriser le développement par leurs animateurs de contenus de formation ou pour aider la proposition d’interventions extérieures de collègues ou de chercheurs.

L’offre de formation ne correspond donc pas aux besoins des professeurs documentalistes.

3. Le média dans chaque établissement

Le courrier précise par ailleurs le souhait énoncé par le Ministère, en janvier 2015, « qu’un média – radio, journal, blog ou plate-forme collaborative en ligne – soit développé dans chaque collège et dans chaque lycée ». Pour autant, avant des formations, à l’heure actuelle dans l’académie de Lyon la DANE n’a développé aucun hébergement ni outil permettant trois des quatre médias cités. Ainsi, hormis le journal, qui suppose des logiciels libres et gratuits existants, il n’existe aucun moyen dans l’académie de diffuser une webradio scolaire ou une web TV en streaming, sans davantage d’outils techniques satisfaisants pour la diffusion en différé. Il n’existe aucune ferme de blogs pour l’écriture des élèves, il n’existe aucune plate-forme d’écriture collaborative avec un hébergement académique qui permettrait de respecter les cadres réglementaires.

L’annonce par deux fois de ce souhait dans le courrier peut donc surprendre quand il n’existe aucun moyen technique pour développer ces types de médias, quand les seules solutions sont l’utilisation problématique, pour des raisons légales, de plate-formes privées, parfois payantes, qui ne satisfont pas les bases des textes réglementaires associés au respect des droits des élèves.

Conclusion

Dans ce contexte, l’ADBEN Lyon regrette l’absence d’un élan donné à la mission pédagogique des professeurs documentalistes, par la DANE, qui ne développe pas les outils techniques nécessaires et favorise le tout transversal contre le respect des textes officiels qui mettent en valeur le rôle spécifique des professeurs documentalistes. L’ADBEN Lyon regrette une communication erronée sur les formations, qui donne l’impression que celles-ci sont satisfaisantes, quand on en est bien loin. Le contexte de la réforme devrait être une occasion d’aller de l’avant, d’acter les évolutions positives qui peuvent exister dans les textes.

Si la mise en place d’une FIL (Formation d’initiative locale) peut se justifier à l’échelle de l’établissement, elle cache mal l’indigence de la formation proposée aux professeurs documentalistes mais semble en revanche, manifester la volonté de les écarter, encore une fois !

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